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Journée de manifestation en France émaillée de violences
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Les incidents et violences se sont multipliés samedi à Paris et dans plusieurs villes françaises en marge de manifestations organisées pour protester contre la "vie chère".
(Keystone-ATS) A proximité de l’emblématique place de la République à Paris, point de départ du cortège, les forces de l’ordre ont dès la mi-journée fait usage de gaz lacrymogènes pour répondre à plusieurs centaines de manifestants, pour la plupart masqués et vêtus de noir, dont certains tiraient des mortiers d’artifice, tandis que d’autres déplaçaient des barrières et des poubelles pour tenter bloquer une avenue, selon des journalistes de l’AFP.
Alors que le cortège commençait à battre le pavé, les policiers ont ensuite fait usage d’un canon à eau pour repousser des manifestants violents.
A 14h00, 133 personnes avaient été interpellées à Paris, selon la préfecture de police.
A Marseille, des manifestants, qualifiés de «casseurs» par le maire Benoît Payan, ont enfoncé la porte et brièvement fait irruption dans le hall de la mairie en criant «c’est la Révolution, on prend la Bastille».
A la mi-journée, les autorités ont recensé 140 actions avec 32.800 personnes dans les régions, selon l’entourage du ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui craignait alors que «l’ultragauche fasse dégénérer les cortèges de l’après-midi».
À Paris, où les contrôles se sont multipliés pour faire respecter des arrêtés d’interdiction de manifester dans certains secteurs stratégiques de la capitale, les forces de l’ordre sont intervenues autour de deux cortèges sauvages, selon les autorités.
«Aujourd’hui, il y a un point de convergence de plein de colères, toutes légitimes et toutes plus ou moins liées», explique Florine Pigny, une tatoueuse de 36 ans, présente dans l’un d’eux.
Se présentant comme une «mère de famille qui s’inquiète pour l’avenir de sa fille», elle se dit ulcérée que «depuis quelques décennies, petit à petit, un petit bout par-ci, un petit bout par-là, nos gouvernants grignotent nos services publics, alors que dans le même temps, les ultra-riches s’enrichissent toujours plus».
Parmi les interpellations parisiennes, 21 sont intervenues après une action devant le siège de la télévision CNews, détenue par le groupe du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, cible de jets de projectiles.
Dans la deuxième économie de la zone euro, surendettée et sous étroite surveillance des marchés financiers, cette mobilisation intervient sur fond de fortes tensions sociales, alimentées par la flambée des carburants, une baisse du pouvoir d’achat et des semaines de mobilisations lycéennes qui ont suscité une réponse policière jugée disproportionnée.
«A la fin du mois, je n’ai plus rien, les prix augmentent mais pas les salaires.
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On n’en peut plus, on étouffe», dénonce Franck, un fonctionnaire quadragénaire qui a manifesté à Guéret, petite ville du centre du pays.
Mégaphone en main, Elya, une lycéenne de 17 ans s’apprête à marcher à Paris avec des amis.
«Aujourd’hui c’est la grande manifestation pour tous, les agriculteurs, les chômeurs, les salariés, les étudiants, les lycéens et encore plein d’autres.
On est là pour montrer une revendication, pour montrer qu’on est fâchés et pour qu’on soit entendus», explique-t-elle.
À Lyon (centre-est), des manifestants ont saccagé et incendié les locaux d’un office de tourisme, provoquant l’usage par la police d’un canon à eau pour «disperser les groupes violents» et permettre l’accès des pompiers, selon la préfecture.
À Toulouse (sud-ouest), les forces de l’ordre sont intervenues pour empêcher des blocages de trains et d’un rond-point.
Le parti de gauche radicale La France insoumise (LFI) espère bénéficier de l’importante mobilisation attendue.
Même si, pour l’instant, c’est Marine Le Pen, candidate de l’extrême droite, qui est en tête dans les sondages.