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La France sidérée et en quête d'explications après le chaos en marge des manifestations
Emmanuel Macron promet une enquête sur la stratégie de maintien de l'ordre, tandis que Marine Le Pen dénonce une «menace pour la démocratie» à six mois de la présidentielle.
"Nous ressentons tous ce soir de la colère, de la honte", a déclaré le président Emmanuel Macron dans une allocution dimanche, annonçant que le premier ministre Sébastien Lecornu réunirait lundi les partis, les syndicats, les élus du Parlement et locaux.
Favorite de l'élection présidentielle d'avril-mai, Marine Le Pen (RN, extrême droite) a dénoncé une "crise profonde" qui fait peser une "menace pour la démocratie", dans une vidéo au ton très solennel postée sur ses réseaux sociaux.
Au total, 2397 personnes ont été interpellées selon un dernier bilan du ministère de l'Intérieur qui fait également état de 997 policiers et gendarmes blessés, dont sept gravement.
Rien qu'à Paris, 855 personnes ont été interpellées, un "chiffre record", a annoncé dimanche la préfecture de police (PP).
Plus de 550 personnes sont en garde à vue, selon le parquet de la capitale.
Plus de 30 000 pilleurs ont été dénombrés samedi à Marseille, selon la préfecture de police.
À Saint-Étienne (centre-est), un manifestant a eu la main arrachée par une grenade policière, selon une source proche du dossier.
Dans son allocution, le chef de l'Etat a indiqué que les préfets pourraient aller "jusqu'à interdire" certains rassemblements dans les jours à venir en concertation avec les mairies.
Au moins un magasin de vêtements a été pillé dans ce secteur d'où est partie la veille la manifestation parisienne.
A Paris, "des rues entières ont été méthodiquement ravagées", selon le maire socialiste Emmanuel Grégoire.
"Toute la transparence sera faite" sur la stratégie de maintien de l'ordre, a promis le président Macron.
Une commission d'enquête parlementaire sur les violences sera créée et portera également sur la stratégie de maintien de l'ordre, a annoncé la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (Renaissance, pro-Macron).
"Je me suis levée ce matin, (...) j'avais pas de mots et je voulais me sentir utile", explique Clémentine, 47 ans, croisée à Lyon.
Au total, 1500 commerçants touchés dans le pays, des centaines de millions d'euros de dégâts, a évalué la Fédération du commerce et de la distribution.
Une personne, qui manifestait dans la capitale, est décédée à la suite d'un malaise, sans lien avec les violences ou une quelconque action des forces de l'ordre, selon les autorités.
La crise française n'est pas passée inaperçue à l'étranger : le président américain Donald Trump a écrit que "la France brûle", estimant que le pays était "brisé" par l'immigration.
Cette journée marquera "sans doute une césure", selon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung choqué par le niveau de violences à l'unisson de la presse étrangère.
"La France met feu au macronisme", a estimé le journal espagnol El Pais.